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Le réseau créatif des petites structures


Depuis le 15 mars, si la charge a été immense pour tous les acteurs solidaires, l’énergie déployée par les plus petites structures a permis de sauver des milliers de personnes. Associations de quartier, startups solidaires, structures d’insertion, collectifs de voisins, ces structures modestes et souples se sont rapidement adaptées aux exigences du contexte, réinventant leur mode de fonctionnement, organisant des collaborations improbables, s’appuyant sur des ressources inexplorées jusqu’ici…La Fondation les a suivies, émerveillée par ce dynamisme créatif .

Emblématique de notre département, le quartier de La Défense est un territoire où se côtoient en temps normal, riches et très pauvres. Dans le désert créé par le confinement, la Maison de l’Amitié, était la seule structure ouverte. Trois fois par semaine, l’équipe a maintenu un accès à ses sanitaires pour les centaines de personnes SDF, cachés dans les kilomètres de souterrains et dépourvues de tout. Cafés et repas partagés ont aussi été maintenus, dans le strict respect des règles de distanciation et avec une régularité plus espacée qu’à l’ordinaire.

Soulignons aussi des collaborations exemplaires. Celle qui a réuni Mobil’douche, l’association Magdalena et la paroisse Sainte Cécile à Boulogne a permis aux personnes à la rue de se laver régulièrement en l’absence de toute autre solution, l’accès aux fontaines et aux toilettes publics étant interdits. Dans le bidonville d’Antony privé d’eau le 16 mars, System B comme Bidonville et le collectif Rom Europe ont organisé une collecte alimentaire et installé des toilettes sèches avec l’aide des habitants.

En matière de distribution alimentaire, si la liste des collaborations est importante entre associations, entreprises privées et acteurs publics, le travail remarquable de très petites structures a soulevé des montagnes : c’est le cas du Chaînon manquant, association qui lutte contre le gaspillage alimentaire en récoltant les produits non consommés par les restaurants collectifs. L’association a entièrement revu ses circuits de distribution et distribué en 3 mois, 150 000 repas en Ile de France soit l’équivalent de l’activité francilienne de 2019. Certaines épiceries solidaires comme Mon épicerie 92 à Nanterre, ont organisé une distribution de colis à domicile. Au Plessis-Robinson, l’accueil Hiver solidaire des Robinsons solidaires qui devait fermer ses portes en mars est resté ouvert. A Levallois, des habitants désolés de la fermeture d’un accueil de jour tenus par des bénévoles contraints au confinement, ont créé une association à cet effet, le 6ème geste : ce sont les jeunes lycéens qui se sont substitués à leurs aînés.

Aujourd’hui, dans la confusion du déconfinement émerge une terrible évidence : la grande précarité augmente. Pour y faire face, l’élan solidaire est bien là mais sans doute faut-il conserver cette posture créative et audacieuse pour pérenniser l’action. Cet été, faisons nôtre la recommandation de Mgr. Matthieu Rougé, président de la Fondation Sainte-Geneviève dans sa Lettre pastorale publiée il y a quelques jours « Aujourd’hui et demain, nous avons à vivre sous le signe de la créativité et de la nouveauté. Le monde change si vite que nous ne pouvons pas nous contenter de continuer à faire sérieusement ce que nous accomplissons déjà, même de très bien. »  (Un grand vent de liberté, 1er 06.2020).

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